7 févr. 2020

Le belle storie di zio Gianpietro ...



Ciao a tutti,

N’ayant jamais eu la reconnaissance qu’elles méritaient, beaucoup ( trop ) de femmes extraordinaires n’ont jamais été retenues par l’Histoire … A travers celle dont je vais vous conter l’histoire, rendons leur hommage !

Alfonsina Moroni épouse Strada reste à ce jour la seule femme à avoir jamais couru et fini le Giro.

Née près de Modène en 1891 au sein d’une famille de paysans, elle fut très tôt attirée par le vélo empruntant celui de son père qui de guerre lasse lui en offrit un pour ses dix ans ( en l’échangeant avec le médecin du village contre quelques poules ). Le vélo devint une passion dévorante à tel point qu’elle participe à sa première course cycliste à l’âge de treize ans. elle remporte toutes les courses féminines auxquelles elle participe ainsi que 37 courses devant des hommes. Elle s’en va courir ensuite dans tout le nord de l’Italie et participe au Tour de Lombardie à deux reprises, en 1917 et 1918, qu’elle termine en bas de classement ( à seulement 34 minutes du vainqueur Thys ).
Sa famille crut que le mariage la dissuaderait de poursuivre son rêve. Mais, c’était sans penser qu’Alfonsina avait assez de caractère et d’intelligence pour épouser un homme qu’elle aimait et qui l’aimait pour ce qu’elle était et ce qu’elle aimait : le vélo !
Ainsi son mari lui offrit en cadeau de mariage le plus beau des vélos de course et se proposa même pour l’entraîner. Résultat : la pionnière du cyclisme féminin italien se mit à l’entraînement encore plus sérieusement afin de rejoindre les professionnels.
En 1924, elle réussit à persuader l’organisateur de l’époque, Emilio Colombo, de la laisser participer au Giro. Ce dernier accepte, à la condition qu’elle porte un pantalon et qu’elle paye elle-même l'ensemble de ses frais. Il la considère sans lui avouer comme une attraction pour sa course. La légende rapporte aussi qu’elle se serait inscrite sous le prénom d’Alfonsin afin de passer inaperçue dans les rangs masculins. Tout le monde pensait qu’elle allait se retirer dès la première étape … C’était bien mal la connaitre. Elle s’en sortit très bien dans les six premières étapes, mais victime d’une chute due aux très mauvaises conditions dans la septième étape, elle fut disqualifiée lors de la suivante ; son accident de la veille l’empêchant d’arriver dans les délais. Les organisateurs constatant qu’elle suscitait curiosité et engouement, contribuant même vivement au succès de cette édition du Giro, ils lui permirent donc de poursuivre et de terminer la course hors classement. Etape après étape, elle reçut un triomphe presque égal à celui du vainqueur ( Giuseppe Enrici ). Chaque jour donc, elle prit le départ au même titre que les autres coureurs, enfin ceux qui restaient, car au terme de cette édition, trente coureurs seulement sur les quatre-vingt dix partants furent classés. Ce Giro 1924 fut le seul pour Alfonsina et aucune autre femme ne put jamais plus prétendre à en prendre le départ, pas plus que celui d’une autre course professionnelle masculine. Elle reste donc à ce jour la seule femme à avoir terminé un des trois grands Tours masculins en y participant de manière officielle ( Notons que d’un point de vue historique la française Marie Marvingt a couru et terminé le Tour de France 1908 en marge de la course officielle, les organisateurs français refusant sa participation sous le prétexte qu’elle était une femme ! ). Il n’y a pas à redire, les italiens ont de la classe !!!
En 1937, elle bat le record de l’heure catégorie féminine détenu jusqu’alors par la française Louise Roger en parcourant 37,192 km.
La légende était bien ancrée, forçant l’admiration de tous et de la presse, elle profita de sa popularité et essaya de gagner sa vie en pratiquant le cyclisme de compétition en France, au Luxembourg, en Espagne, en Belgique … Hélas la seconde guerre mondiale sonnera le glas de sa carrière, lui laissant près de quarante victoires dont la plupart face à des hommes.
Au delà de sa carrière sportive, Alfonsina se battit pour la cause féministe, elle qui était l’incarnation même du fait qu’une femme doit bénéficier des mêmes droits et accès au sport, des mêmes tenues, du même matériel, des mêmes épreuves et avantages.
Le coeur d’Alfonsina s’arrêta de battre un jour de septembre 1959 alors qu’elle revenait d’être allée voir une course cycliste 
Attitude du jour :

Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H45 pour le ristetto femminile et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro. 



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