26 sept. 2019

Faire le deuil du vélo ...

Ciao a tutti,

Pour ceux qui auraient manqué la chronique matinale de Mathieu Vidard sur France Inter pour diverses raisons, comme par exemple un départ en retraite au champagne trop arrosé justifiant une grasse matinée … Je me permets de revenir sur le sujet du jour avec à la clé quelques magnifiques mais tristes photos.


En 2013, afin de remédier au problème de la pollution urbaine due aux voitures, la Chine fait appel à des
sociétés de vélo en libre partage ( free-floating ). Pas moins de 70 entreprises inondent les rues avec plus de 27 millions de vélos ! Comme souvent lorsque les choses sont faites dans la précipitation, le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions affichées. Cette innovation présentée comme l’une des quatre grandes nouvelles inventions au côté des trains à grande vitesse, des paiements par téléphone portable et du commerce électronique tourne vite et même très vite au cauchemar.
Les raisons de ce magistral raté sont multiples, à commencer par le fait que ces millions de vélos ont provoqué une pagaille monstrueuse sur les trottoirs et pistes cyclables. Mais aussi parce que les sociétés de free-floating n’ont absolument pas prévu l’entretien de leurs vélos. Ce type de commerce reposant sur un volume de courses considérables afin de compenser des marges extrêmement faibles, ni l’entretien, ni la fin de vie des vélos ne peuvent donc être supportés financièrement par les opérateurs. Ces derniers n’ayant manifestement pas prévu l’ampleur du vandalisme associé à ce type d’activité.
Ainsi, très vite, ce sont des millions de vélos abandonnés ou gênants qui sont saisis par les différentes villes chinoises afin d’être entassés dans des cimetières dédiés.
C’est en découvrant ces invraisemblables décharges à ciel ouvert que le photographe chinois Wu Guoyong décide de concevoir ses propres drones pour réaliser des séries de clichés.
Comme vous pourrez le voir ci dessous, ce sont des champs de vélos à perte de vue parfois en pleine nature. rangés par couleur en fonction des différents opérateurs. Etonnante esthétique désespérante que ces deux-roues figés là pour l’éternité. Hallucinante preuve de la fragilité des modèles économiques qui naissent dans l’urgence …

Image des jours à venir ?

 
Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H15 pour le ristretto in lutto et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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