16 mars 2019

Le vélo contrefait ...


Ciao a tutti,

Spécial Ali « J. »Express.com… Qui se reconnaitra ...

Les produits contrefaits représenteraient selon l’OCDE 2,5% des importations mondiales et jusqu’à 5% dans l’Union Européenne. Et bien sûr, les équipements sportifs et les produits liés à la pratique du vélo sont touchés par ce phénomène. D’un point de vue général, encourager ce système participe pleinement au développement de ces nouveaux réseaux criminels et encourage l’exploitation de travailleurs pauvres. Car il faut le savoir, la contrefaçon est aux mains de réseaux organisés, proche des trafiquants de drogue, d’armes et des réseaux terroristes, dont elle constitue une manne financière importante. De plus, la contrefaçon favorise le travail clandestin, même en Chine où les lois de protection sociale existent mais ne sont pas toujours respectées. Le marché de la copie exploite une main d’oeuvre sous payée et dans les pires conditions de travail, dont des enfants.

La contrefaçon s’est développée en même temps que le développement économique de la Chine. Les entreprises ont commencé par délocaliser la production dans les années 70, formant des unités à la production d’articles développés en Europe ou aux Etats-Unis. Mais certaines de ces unités ont continué à produire après la perte de leurs contrats, sans autorisation. Cependant, force est de reconnaître qu’on trouve de tout en matière de contrefaçon, avec plus ou moins de qualité de fabrication. Car c’est la qualité des produits qui est la clé de voute du système. Même vendus à bas prix, les produits copiés ont pour but de générer d’énormes profits ! Cette qualité suspecte concerne les matériaux, la sécurité et le respect des normes environnementales entre autres.

80% des produits contrefaits viennent d’Asie, dont les deux tiers de Chine. Cette dernière souffrant elle même du phénomène, puisque ses entreprises les plus innovantes sont elles aussi victimes de la contrefaçon. En France, selon un rapport du Centre de Recherche Economique et des Affaires, le marché de la contrefaçon est estimé à 7,3 milliards d’Euros par an. La contrefaçon affecte les ventes des marques dont les produits sont copiés - et pas seulement les marques de luxe, puisqu’il n’est pas acquis que l’acheteur d’une fausse Rolex ou d’un faux Pinarello soit susceptible d’en acheter un (ou une) vrai(e) - mais elle engendre également des pertes de recettes fiscales, évaluées à 62 milliards de dollars pour les seuls pays du G20. 26000 emplois seraient détruits en France chaque année à cause de la contrefaçon. L’industrie du sport, selon l’Union des Fabricants ( UniFab ) est sévèrement touchée. 6,8% des ventes d’articles de sport seraient des contrefaçons rien qu’en France, causant la perte de 285 emplois directs chaque année. 460 000 articles de sport contrefaits ont été saisis par les douanes en 2015, sur 7,7 millions de produits vendus. Mais, malheureusement, nombreux sont encore ceux qui passent entre les mailles … Ainsi voit-on circuler de faux cadres Pinarello, Specialized, Look, Time ou autres, de faux casques Giro … Tous ces articles que l’on voit circuler sur les plate-formes de vente comme Wish ou Ali Express, qui se contentent simplement de mettre en relation des acheteurs du monde entier avec n’importe quel vendeur, le plus souvent chinois, sans aucune vérification ou presque. Il n’est pas rare de retrouver aussi des contrefaçons sur des sites de petites annonces en France, comme Troc-Vélo ou Le Bon Coin, plus difficiles à identifier en tout cas pour des potentiels acheteurs peu avertis - même si ces sites sont assez prompts à réagir en cas de signalement, supprimant les annonces délictueuses -.

Que ceux qui font la démarche d’acheter un cadre de marque par ce biais, sachant pertinemment qu’ils se procurent un produit contrefait, en dépit de toutes les justifications de mauvaise foi qu’ils peuvent avancer, sachent qu’ils risquent une amende comprise entre une et deux fois la valeur du produit original, et jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 500 000 Euros d’amende si les faits sont assimilés à un crime en bande organisée ( comme dans le cas d’importation de produits contrefaits destinés à être écoulés en France ) auxquelles viennent s’ajouter les actions intentées par la marque elle même ). Alors J., on fait un peu moins le malin …

Outre les différents arguments cités ci dessus discréditant la contrefaçon, les justifications de mauvaise foi vont bon train chez les aficionados de la chose. Florilège :
- « C’est le même produit que l'original » : les marques faisant fabriquer en Chine instaurent un contrôle sévère de la production et de la distribution. Il serait donc bien évidemment suicidaire pour un sous traitant de vendre sous le manteau des produits sortis du réseau, au risque de perdre son contrat avec la marque.
- « C’est un générique de marque » : un générique est un produit tout venant proposé à des marques qui n’ont ni les moyens ni l’envie de faire de la recherche et du développement, et qui apposent seulement leurs stickers sur un produit qu’on peut retrouver identique sous d’autres marques. Ce n’est bien sûr pas le cas des entreprises 
font de la recherche et développement, et dont les formes ou caractéristiques sont exclusives.
- « Les grandes marques font trop de marges » : le prix de vente d’un vélo comprend la matière première, sa fabrication, la main d’oeuvre, la recherche et développement, le transport, le stockage, le service après-vente, le service commercial, le marketing, la communication, la distribution, la TVA, la marge du vélociste qui lui aussi paie ses charges et cotisations sociales et assure des salaires. Charges et salaires qui participent à la pérennisation de notre système de protection sociale et font rentrer de l’argent dans les caisses de l’état.

Voilà, j’espère avoir convaincu les derniers septiques de ne plus acheter de contrefaçon. Ce qui n’exclut pas de toute façon le fait de rechercher la bonne affaire chez son vélociste ou sur un site dédié pour ceux qui le souhaitent, encourageant par la même la pérennité d’un système, qui sans forcément être parfait, se justifie pleinement.

Le comble de la contrefaçon : des cadres Time haut de gamme copiés se sont vus proposés sur Aliexpress alors que l’original n’a jamais été fabriqué en Chine, idem pour des roues Mavic Cosmic !

Image du jour : Pedro n’est vraiment pas une contrefaçon ! De toute façon, impossible à contrefaire ...

Rendez-vous à « l’Ambassade » à 08H45 per il vero ristretto et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes enfin ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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