22 nov. 2018

Voir des enfants faire des vélos ou faire du vélo ?

Ciao a tutti,


La transition énergétique est au coeur de l'actualité. Elle est souvent associée à la transition écologique par nos responsables politiques qui veulent une intensification massive du tout électrique en matière de mobilité afin de protéger notre environnement et développer une nouvelle économie. Le vélo est au centre de ces préoccupations avec les diverses incitations à se mettre au vélo électrique. Ce qui va suivre n'est pas un billet à charge contre le vélo électrique, mais une petite mise au point. Chacun restant juge de ses actes bien évidemment. Petit constat donc …


Tout d'abord, le problème du recyclage des batteries est un domaine où il se fait beaucoup de recherche, mais où les progrès sont relativement lents, surtout compte tenu des besoins croissants. Pour le moment, et dans un avenir prévisible, il faut donc considérer ce recyclage comme une pratique énergivore, polluante, créant beaucoup de déchets toxiques et ne permettant la récupération que d'une petite fraction seulement du contenu des batteries. Les cellules qui servent à fabriquer les batteries sont le fait de trois grands constructeurs ( Panasonic, LG Chez et Samsung SDI ). Pour ces cellules, ils doivent s'approvisionner en cathodes, ces fameuses parties utilisant du cobalt, chez des industriels spécialisés qui se fournissent en matière première auprès des exploitants miniers à 80 % chinois. On se doute qu'ainsi la tracabilité est loin d'être évidente … Mais des acteurs du marché ( peu ), suite aux pressions des ONG, oeuvrent pour garantir une production de batteries « d'origine controlée ». Malheureusement, certaines parmi les plus puissantes et les plus riches trouvent les meilleures excuses du monde pour ne pas enquêter sur leurs chaînes d'approvisionnement …

Initiée par l'informatique et l'explosion de la téléphonie mobile, la hausse de la demande d'une certaine catégorie de métaux rares s'est dangereusement amplifiée avec les voitures électriques et la mobilité électrique dans son ensemble, au point de créer des catastrophes sans précédent au sein des pays en voie de développement. Ainsi, 2016 fut l'une des pires années. Cette ruée vers « l'or bleu » ferait passer les orpailleurs guyanais pour des enfants de choeur ! Le cobalt est au coeur du problème … Le plus gros pays producteur de cobalt est le Congo qui détient plus de 50% des ressources de la planète et dont la part mondiale de l'exploitation dépasse les 64%.
Allons droit au but : 20% du cobalt utilisé dans la fabrication des batteries qui équipent aujourd'hui téléphones portables, ordinateurs, véhicules automobiles et vélos électriques sont issus de mines artisanales employant des enfants, engendrant un marché noir qui explose depuis trois ans. Les ONG avancent des chiffres ahurissants : 40000 enfants travaillent dans ces mines. Le travail des enfants n'est malheureusement pas le seul problème, les terres agricoles fertiles sont en conséquence polluées, tout comme l'eau …
Je ne m'étendrai pas sur le sujet du Lithium dont l'extraction en Amérique du sud est en tous points semblable au cobalt et dont le recyclage est encore plus catastrophique, car quasiment pas réutilisable.

Alors, le tout électrique consisterait-il à déplacer une problématique environnementale ailleurs, au delà de nos frontières ? En Occident, on ne veut plus de mines, notamment de terres rares, car leur extraction est trop énergivore, trop coûteuse et sale.

Mais quelle est la part réelle du vélo dans ce problème ? Pour le marché français en 2017, il s'est vendu 254870 vélos électriques et 24900 voitures électriques. Pour une Zoé c'est une batterie 40 kWh, un vélo actuel c'est 400, 500, ou 600Wh soit une batterie 100 fois plus petite environ. Il se vend 10 fois plus de e-bikes que de e-cars, ainsi la masse globale représentative pour le vélo est donc de 10% environ. Les gros acteurs du marché vélo ne sont pas très bavards quant au contrôle de l'origine de leur matière première se retranchant derrière le fait que les fabricants de cellules sont censés respecter le Pacte Mondial en adoptant une attitude socialement responsable en respectant les normes ILO, sorte de code international du travail. Dans le rapport auto/vélo, il va sans dire qu'il faut s'attacher à défendre l'e-bike, qui certes nécessite plus de ressources qu'un vélo classique mais tellement moins qu'une voiture.

Bien sûr, en tant que consommateur, nous pouvons acheter ou refuser d'acheter ces produits selon notre propre éthique, nos moyens, ou nos besoins. Mais n'est-il pas du devoir du producteur de s'assurer de la valeur éthique de son produit au lieu de jurer uniquement par les enjeux économiques.

Alors, avons nous réellement tous besoin d'un vélo électrique pour nous déplacer au quotidien ou nous distraire le week-end ? La réponse est évidente mais peut-être pas dans l'air  ( vicié ) du temps …

Une petite vidéo en anglais pour réfléchir sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=JcJ8me22NVs

Image du jour :




Météo annoncée :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H45 pour le ristretto classico et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes incertaines.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.




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