22 févr. 2018

Vélo à tout faire ...

Ciao a tutti,



Je vous emmène en voyage au Guatemala afin de vous relater une initiative peu ordinaire avec pour objet central le vélo, bien sûr. Partons donc pour San Andrès Itzapa afin de faire connaissance avec l'association « Maya Pedal ». Cette dernière associe recyclage, économies et source d'énergie, ainsi qu'aide au développement rural en réutilisant des vieux vélos pour faire fonctionner des machines à laver, des mixeurs, des moulins à café, des pompes à eau, des générateurs d'électricité ou encore des broyeurs de grains.
Mario Juarez est né et vit à San Andrès, petite ville de 30,000 habitants répartis sur plus de 90 kilomètres carrés. Il est à l'origine du projet Maya Pedal qui au début avait pour seul objectif la fabrication d'une machine à broyer le grain pour nourrir les volailles des paysans. La première était un monstre et en plus un monstre fragile ! Avec le temps et l'expérience, l'aide de nombreux bénévoles ingénieurs ou mécaniciens, le projet finit par donner naissance à une machine fiable et robuste. Les « bicimaquinas » étaient nées ! Appareils mis en mouvement à la seule force des mollets … Un vieux vélo, des idées, de l'huile de coude et beaucoup d'envie …


Avec l'appui de l'association canadienne « Pedal », les premières machines voient le jour à la fin des années quatre-vingt dix, avant que les guatémaltèques ne prennent le relais en créant « Maya Pedal ».
Chaque prototype nait pour répondre aux demandes de la population locale, pallier le manque d'électricité et faciliter la vie quotidienne, avec une idée simple en tête : mettre des pédales partout et sur n'importe quoi !
Ainsi sont nés des vélos lave-linge, des pompes à eau … Mais le plus grand succès de « Maya Pedal » est incontestablement le vélo-mixeur. Il a rencontré auprès des femmes un engouement extraordinaire. Car les femmes sont aussi les protagonistes de l'aventure, et par la place prépondérante qu'elles occupent dans le monde rural, où elles gèrent les foyers, tissent, cuisinent, cultivent, elles sont donc souvent les premières utilisatrices des vélos-machines, qui leur ont également permis de développer de nouvelles activités. Ainsi, le Groupement féminin Agrapto, basé à San Andrès, produit grâce au vélo-mixeur un shampoing à base d'Aloe Vera. Elles se découvrent donc entrepreneuses et s'investissent afin de soutenir les jeunes filles dans leur accès à l'éducation et à l'autonomie. De nombreux collectifs de femmes se retrouvent ainsi dans le comité directeur de l'association pour faire vivre et valider les projets futurs.
L'équipe est fière de mettre en avant son autonomie financière. La vente d'une vingtaine de machine par mois au Guatemala, mais aussi aux États-Unis et en Europe, suffit à faire vivre le responsable, un technicien et une jeune fille pour l'administratif. Mais sans les bénévoles, venus parfois des quatre coins du monde, cela ne serait pas possible.
Le mercredi 3 janvier 2018 fut un grand jour pour l'association et pour cause : tout le monde était réuni autour d'un énorme conteneur venu des Etats-Unis rempli de quatre cents vélos d'occasion ! De quoi alimenter le travail pour un moment. Le dernier arrivage datait de cinq ans …
Le 24 janvier, la fille de Mario Juarez s'envolait pour les Etats-Unis afin d'y présenter le projet à la télévision …
« Maya Pedal » franchit ainsi les frontières en montrant qu'écologie peut rimer avec autonomie, pays en voie de développement et mondialisation.
L'amour du vélo bien sûr, mais aussi la simplicité et la générosité ...


Image du jour :


Météo prévue :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08h45 pour le stretto Guatemala et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bici o sugli sci.

Gianpietro.


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