31 août 2017

La petite histoire de " La Bicyclette " ...

Ciao a tutti,



Quoi de mieux qu'une petite histoire pour redémarrer mes « humeurs » … Petite histoire de « La Bicyclette ».

Rassurez vous, je ne vais pas vous refaire l'historique de notre objet préféré, mais je vous propose de vous conter l'histoire de l'écriture de la célébrissime chanson « La Bicyclette ».
Cette chanson a été élevée au rang de star de la chanson française par Yves Montand en 1968. Et c'est Pierre Barouh ( Un homme et une femme - Des ronds dans l'eau - Memphis Tennessee - D'accord, d'accord - Samba Saravah … ) qui en composa les paroles, la musique étant de son ami Francis Lai. Mais on ignore que derrière cette merveille se cache la destinée d'Elie Barouh, enfant juif de parents nés en Turquie, commerçants dans la région parisienne. En 1941, pour lui éviter ce qu'il appela ensuite des « impondérables », on le cache en Vendée, dans un village du bocage, Montournais, chez Hilaire et Marie Rocher. Il a sept ans, et on lui apprend qu'il doit désormais s'appeler
Pierre. « La Bicyclette » raconte fidélement les virées des enfants du village sur les routes des alentours. Personne ne sait qu'en réalité le petit Pierre s'appelle Elie, mais tous les autres - Fernand, Firmin, Francis et Sébastien - portent leur vrai nom dans la chanson. Et surtout Paulette dont ils sont tous amoureux !


Tout a commencé un soir de printemps, dans le Paris des années soixante, dans un club de Saint-Germain-des-Prés où Pierre Barouh rencontrait presque tous les soirs un publiciste qui lui proposa d'écrire le texte d'une publicité sur le vélo. Barouh refusa ! Pas question d'écrire pour la pub ! Mais le petit vélo a commencé à tourner dans la tête du 
parolier … Et c'est en marchant dans les rues pour rejoindre Montmartre et son ami Francis Lai, qu'il a commencé à penser aux paroles d'une chanson sur la bicyclette. Il confia le texte à l'accordéoniste et ce dernier en composa la musique dans la foulée, ou plutôt dans la pédalée ! Le temps passa ensuite sans qu'il chante cette chanson,
malgré son attachement. Nous sommes alors en 1965.
Pierre Barouh était aussi acteur. Souvenons nous qu'il tenait un rôle dans « Un homme et une femme » de Claude Lelouch - le mari cascadeur disparu, auquel Anouk Aimée ( sa femme à ce moment là ) ne cesse de penser au début du film. Le film obtient en mai 1966 la Palme d'Or au festival de Cannes. Mais les amoureux fuient le bruit de Cannes
et se réfugient à Saint-Paul-de-Vence, à la Colombe d'Or, le repaire d'Yves Montand. Ce dernier était présent et Pierre Barouh se réjouissait de passer du temps avec l'acteur et chanteur. Poker et pétanque rythmaient les journées jusqu'au jour où, à table, Pierre Barouh se mit à fredonner « La Bicyclette ». L'oreille d'Yves Montand fut 
immédiatement séduite. Il adorait ! Mais il avait un problème avec le dernier couplet. Dans la première version, Barouh avait imaginé une autre fin : l'amoureux de Paulette revenait trente ans plus tard sur les lieux de ses virées magiques à bicyclette, avec femme et enfant … Montand lui dit préférer la chanson comme un petit film qui
commencerait le matin et se terminerait le soir. Pierre Baroud a donc modifié la fin de sa chanson initiale : à la fin de l'après-midi, le garçon se désolait de n'avoir pas pris la main de sa bien-aimée et espérait qu'il aurait le courage le lendemain - On se disait, c'est pour demain / J'oserai, j'oserai demain … Montand, ravi, devint donc le premier
interprète de cette petite pépite qu'il enregistra en 1968, pour le plus grand plaisir de Pierre Barouh qui voyait en lui LE chanteur de « Sa Bicyclette ».
L'histoire est déjà belle comme ça, mais Pierre Barouh aimait aussi à raconter que le jour de l'enregistrement pour Philips, Yves Montand a fait une petite erreur d'interprétation. Avant le dernier couplet, c'est la fin de la journée, les copains sont heureux de leur balade, mais tristes de ne pas avoir un moment d'intimité avec Paulette : « On revenait fourbus contents / Le coeur un peu vague pourtant / De ne pas être seul un instant / Avec Paulette … ». Au lieu de dire « De ne pas être seul un instant avec Paulette », Yves Montand a dit « De ne pas être un seul instant avec Paulette ». Ce qui est, vous en conviendrez, beaucoup moins fort en terme d'image. Barouh s'en aperçoit à la 
première écoute et appelle Montand qui ne s'était bien sûr rendu compte de rien. Mais c'était trop tard, la chanson était gravée ! Petite anecdote qui illustre bien tout le relief que peut prendre un mot. Yves Montand a rectifié l'erreur lors du second enregistrement, en public celui-ci, à l'Olympia.
Si la bicyclette tient dans cette chanson le rôle principal, n'oublions pas Paulette ! Elle était la plus jolie et vraiment la fille du facteur. Contrairement à ses rêveries vendéennes, Barouh ne l'a pas épousée. Mais il ne l'a jamais perdue de vue, et a conservé des liens avec ce village où des Justes français ont sauvé sa vie d'enfant juif. En 2014, très
longtemps après, il présentera même, à des journalistes effarés de découvrir la vérité sur cette chanson, la jeune fille qui était si belle et si vive à bicyclette …
Dernière précision, à l'origine, la chanson s'intitulait « A Bicyclette ». Mais au moment de la déposer à la SACEM, se présente un obstacle : il existe déjà une chanson sous ce nom, et c'est même un tube chanté par Bourvil dès 1947 ( chanson comique basée sur une équivoque autour du mot « coureur » entre les deux protagonistes de la chanson,
le narrateur parlant de « coureur cycliste », son interlocutrice de « coureur de jupons » … ). Elle s'appela donc « La Bicyclette » pour l'éternité !

Image du jour ( Teaser ... ) : Luciano Berruti


Météo annoncée :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H15 pour le stretto con una canzone et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.




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