2 juin 2017

Tu l'as dit, mon côlon ....

Ciao a tutti,



Devant les innombrables retours enthousiastes suite au billet de la semaine dernière, je ne peux que tenir mon engagement de revenir sur la genèse du « Game of trône » de Tom Dumoulin.

Si lors de la course à pied, ce type de désagrément n'est pas si rare, il faut avouer qu'il l'est un peu plus en matière de cyclisme. Ainsi, pendant l'effort du running, la paroi du côlon va taper des centaines, voire des milliers de fois en fonction de la distance, contre la paroi abdominale. Cette action enflamme la paroi du côlon. Dans les sports comme la natation ou le vélo, qui sont des sports portés, le colon ne se trouve pas autant maltraité et c'est en partie pour cette raison que l'on voit beaucoup moins de problème à ce niveau.
A l'heure qu'il est, nous ne savons toujours pas ce qui arrivé exactement à Tom Dumoulin. Mais souvenons nous que cette mésaventure est déjà arrivée à Greg Lemond en 1986 sur le Tour de France. En effet, à cause de pêches croquées avant le départ, il a été victime de diarrhée, l'obligeant à un arrêt sur le bord de la route. La petite histoire mentionne même le fait qu' il aurait demandé à un coéquipier sa casquette ! Elle n'aurait pas suffi … Mais, il faut croire que c'est un bon signe, car comme ton Dumoulin, Greg Lemond a gagné cette année là son premier grand Tour !

Quoi qu'il en soit, il faut savoir que l'appareil digestif n'est pas forcément le meilleur ami du sportif de haut niveau. Nombreux sont les athlètes qui sollicitent leur corps jusqu'à l'extrême jusqu'à connaître de pareilles mésaventures. Notre intestin est en effet mis à rude épreuve pendant des séances intensives. Et cela ne concerne pas forcément que les sportifs professionnels : une étude américaine menée lors d'un marathon dans l'état de l'Oregon a suivi plus sept cents participants. Un tiers des coureurs a ressenti le besoin urgent de déféquer pendant ou immédiatement après la course ( urgence fécale ). Des cas de diarrhée ont concerné 19 % des participants. Dans les courses de 10 Km, 30 % des coureurs ressentent des symptômes ( crampes, flatulences, maux de ventre, défécation urgente ). Malgré la fréquence de ces troubles, la science s'est relativement peu intéressée aux causes de ce type de problème.

Cependant, plusieurs explications peuvent toutefois être avancées :
- La répétition des chocs qui brassent les intestins peut provoquer une perturbation mécaniques de ces derniers. Les intestins n'aiment pas être ballotté trop longtemps ! Lors de la course, l'impact sur le sol se répercute sur tout le corps. Sur la selle du vélo, les secousses sur les aspérités et défauts de la route agissent de la même façon.
- Certains scientifiques assurent que notre corps, lors de la pratique d'activités sportives, produit une enzyme qui accélère la digestion en multipliant les contractions de notre intestin ( péristaltisme ). Ainsi, pour certaines personnes, cela peut donner lieu à une envie pressante d'aller à la selle quand les résidus de notre dernier repas arrivent au rectum.
- La digestion des aliments consomme beaucoup d'énergie et demande un afflux sanguin important au niveau des intestins. En cas d'effort physique long et intense, le corps doit faire des choix. En fonction des besoins, le flux sanguin va être redirigé vers les muscles les plus sollicités ( jambes ) au détriment de notre intestin. Celui-ci doit alors mettre entre parenthèse sa digestion. Lorsque cela se produit, l'intestin ne peut rien faire d'autre que de laisser se développer certaines bactéries dont il contrôle d'ordinaire la quantité. Cette trop grande présence a des conséquences directes sur le fait de ressentir la désormais fameuse « urgence fécale ».
- A cela, vient s'ajouter le stress qui n'arrange rien aux problèmes intestinaux. Ne pas oublier aussi les « prophéties auto-réalisatrices », si vous craignez une urgence fécale, vous augmentez vos chances d'en avoir une !
- Pour être à peu près complet, une alimentation mal adaptée à l'effort, des boissons trop froides, ou encore la prise de certains médicaments peuvent aussi être en cause.


Mais, revenons à Tom Dumoulin … Après un examen attentif de la vidéo, force est de reconnaitre que notre ami cycliste est un maître dans l'art du bien déféquer. En effet, la position accroupie adoptée sur le bord de la route est la meilleure des positions. Une étude israélienne a démontré que la position accroupie était bien plus efficace que la traditionnelle position assise sur une cuvette de w-c, question d'angle ano-rectal. Lorsque l'angle entre l'axe vertical du tronc et l'axe des fémurs se situe aux alentours de 30 à 40°, il se produit naturellement une détente du muscle pubo-rectal qui facilite l'expulsion des fèces par verticalisation du rectum.  La procédure de « largage » prend ainsi deux fois et demie moins de temps et assure une vidange optimale. Pas la peine pour autant de partir en quête du bois le plus proche à vélo, rouleau de papier à la main ou de remplacer ses toilettes par des w-c à la turque … Recréer la position accroupie chez soi est très simple, il suffit de poser les pieds sur un petit tabouret bas et de se pencher légèrement en avant. C'est magique ! L'essayer c'est l'adopter !

Image du jour : les Italiens ont de l'humour …


Météo annoncée :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H15 pour le stretto nero et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes que j'espère ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.


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