15 juin 2017

Brève histoire d'un bon plan cul ...

Ciao a tutti,




Pour un cycliste, un bon plan cul peut revêtir au moins deux significations. Nul besoin d'éloigner les enfants de la lecture de ce modeste billet, car je vais seulement vous entretenir de l'histoire de la selle ( de vélo ), celle justement sur laquelle nous posons nos deux ischions pendant de longues heures.

La première selle est apparue avec l'ancêtre du vélo qu'était la draisienne dont nous avons célébré l'anniversaire il y a trois jours. Ce n'était qu'un vulgaire morceau de bois rectangulaire sur lequel le baron posait son postérieur. La première selle rembourrée voit le jour un an plus tard, en 1818, coussin de cuir rempli de crin de cheval avec une ornementation en cordes. En 1867, nous vîmes des selles suspendues à un câble ( voir billet antérieur ), puis des selles métalliques matelassées comme des fauteuils en 1870.  Il faut cependant noter qu'en 1869, le catalogue de la société Michelin présentait une selle en peau vernie à 10 francs et une selle de caoutchouc à 30 francs. Parmi les selliers parisiens antérieurs à la guerre de 1870, nous citerons Courteaux et Brégeon qui fournissaient les meilleures marques françaises et même à l'étranger. Avec les grands bicycles, les selles ne subirent aucun changement.

En 1880, le directeur d'une usine de selles de Birmingham eut l'idée de s'inspirer de la forme des selles pour chevaux et de fabriquer une selle allongée à laquelle il ajouta une suspension. Ce prototype fut présenté aux dirigeants de la très célèbre marque anglaise de vélocipèdes « Coventry Machine Co. ». Ceux-ci furent enthousiasmés et lui commandèrent trois douzaines de selles avec ressorts : la célèbrissime selle Brooks était née !

A partir de ce moment, l'essor de la bicyclette devait se faire parallèlement et de façon inséparable de celui de la selle. Rendez vous compte, entre 1890 et 1900, le parc français allait passer de 50000 à 1000000 d'unités.

Sont alors apparues, des selles à suspension double, des selles à suspension « arabe » ( arabcradle spring : appelées ainsi en raison de la disposition de deux ressorts l'un sous l'autre, selon la forme d'un « S », qui faisaient balancer le cycliste d'avant en arrière comme s'il se trouvait sur un chameau. ). Le système « Safety Poise » eut aussi un franc succès : un grand boudin de cuir dont on fixait les extrémités ensemble de manière à laisser un creux à l'intérieur où se logeait le postérieur.

En 1891, le britannique Mills remporta Bordeaux-Paris avec une bicyclette équipée d'une selle presque révolutionnaire. Elle était étroite, longue et était munie de trois ressorts. Cette selle « Hammock » vit son nom rapidement francisé en hamac. Elle ne pesait que 700 grammes ! Cette trouvaille allait perdurer longtemps en raison principalement de son confort inouï pour l'époque. Elle fut utilisée tant par les hommes que par les femmes, pour lesquelles on fabriqua un modèle à pointe courte. Ensuite, des améliorations intervinrent faisant suite à des recherches « scientifiques et anatomiques », et on élargit alors la zone arrière.


1895 vit l'apparition de la première selle de forme anatomique conçue pour recevoir les ischions. C'était la selle Christy. Préfigurant l'ère de l'ergonomie, cette selle métallique large présentait un canal longitudinal en son centre, avec de chaque côté deux coussins de peau remplis de crins. La même année vit l'entrée de la selle Papillon : large et courte, elle dut résister au critiques acerbes du Docteur Carlo Bourlet, éminent spécialiste de l'analyse de la bicyclette sous tous ses aspects. La suppression totale de la pointe enlevant au cycliste sa stabilité sur celle-ci.

Au début du vingtième siècle, la selle commence à acquérir sa forme moderne, recouverte de cuir, sa carcasse était faite de fils de nickel enroulés en spirale. Plus tard, les matériaux évoluant, ils participèrent à son évolution ( aluminium, plastique … ).

Pour ce qui est des selles modernes, vous êtes sans aucun doute plus calés que moi !



Image du jour :


Météo annoncée :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H15 pour le stretto in sella o in pista et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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