16 mars 2017

Vélo, boulot, gastro ...

Ciao a tutti,



Lors de mes dernières pérégrinations italiennes à Florence, j'avais remarqué un nombre incroyable de riders aux heures de repas. Vêtus de façon identique, avec leurs boites isothermes sur les épaules aux couleurs de site internet, ils ont suscité mon intérêt. Il est vrai que nous en voyons peu dans nos contrées reculées. Renseignements pris, en italien s'il vous plaît, je compris qu'il s'agissait de livreurs de repas.


Aujourd'hui, en France, principalement à Paris et à Lyon, se sont déroulées des manifestations visant à attirer l'attention des consommateurs potentiels que nous sommes sur les conditions d'exercice difficiles de ce type de nouvelle activité.
Pour résumer la situation : ces livreurs travaillent pour des sociétés internet, qui via des applications dédiées, s'engagent à vous livrer vos repas à domicile. Parmi un panel de restaurants allant de la pizzeria au restaurant gastronomique ou presque, vous choisissez vos plats et boissons et dans le délai prévu, vous êtes livrés par des cyclistes à votre domicile. Mais, ces coursiers ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail … Ils réclament une revalorisation de leurs tarifs et aussi des contrats en bonne et due forme. Explications sur les raisons de cette colère qui gronde …

Si au départ, la plupart des coursiers appréciaient la liberté et l'indépendance liées à ce type d'activité, ils sont en train de s'apercevoir qu'ils se font avoir comme des bleus et dans les grandes largeurs. En général, ce sont des auto-entrepreneurs liés par des contrats de prestation auprès de Foodora, Deliveroo ou encore UberEATS. Mais, dans la réalité ces contrats n'ont que le nom de contrat, car ils n'assurent aucune garanties. Pas de congés, pas de sécurité sociale, pas d'assurance, pas de mutuelle de santé ! Bref, aucun statut ! Au moindre pépin, maladie, accident, ils se retrouvent tout seul. De plus, le statut d'auto-entrepreneur leur oblige de reverser environ 25% de leurs rentrées. Il faut avoir son propre matériel ainsi que les accessoires à l'effigie des marques, mais ils n'ont aucun droit. Certes, la profession est nouvelle, mais il serait grand temps que les entreprises prennent conscience de ces manques. Lorsqu'ils débutent, les primes proposées sont assez séduisantes. Mais quand la plateforme dispose d'une flotte de coursiers suffisamment conséquente, les primes sont réduites et elle bénéficie d'une main d'oeuvre à moindre coût ( UberEATS ). Obligés de livrer pour plusieurs plateformes afin de s'en sortir, ils doivent s'adapter aux fonctionnements très différents de ces sociétés. Changer de tenue, penser à porter le bon tee-shirt ... Par exemple, Deliveroo propose des contrats entre 5,5 et 7,5 euros en fonction de leur date d'arrivée, alors que Foodora les rémunère 7,5 euros par heure et 2 euros la course, mais les tarifs changent en fonction des besoins ! Globalement, à ces tarifs, il faut travailler 50 heures par semaine pour gagner l'équivalent d'un SMIC mensuel. Toujours s'adapter est la devise : pour être sûrs de travailler, ils doivent systématiquement s'inscrire sur les plannings qui se remplissent en une heure seulement ! 
Ainsi, de nombreux coursiers en ont assez de cette situation qui ne peut plus durer ! C'est pourquoi la mise en place de cette mobilisation a été décidée. 
Il faut donc que les entreprises de livraisons reconnaissent les collectifs et les syndicats qui ont été mis en place et participent à des négociations tarifaires et surtout qu'elles proposent une nouvelle forme de contrat. Bref, juste un peu de considération !
Nos pensées de riders des champs vont vers nos amis riders des villes ! 

Aphorisme du jour :

La révolution, c'est comme une bicyclette : quand elle n'avance pas elle tombe ! ( Che Guevara )

Image du jour :


Météo prévue :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H45 pour le stretto di sostegno et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes incertaines.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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