9 déc. 2016

Il n'y a pas que le vélo dans la vie ...

Ciao a tutti,



Le vélo fait partie sans aucun doute de mes meilleurs compagnons de route, mais, Dieu merci, il n'y a pas que lui !
Ce week-end, un bon compagnon de route nous a quitté : Marcel Gotlib est mort. Sans faire état d'une sensiblerie exacerbée, je ne vous cacherai pas qu'une petite larme m'est apparue au coin de l'oeil avec un gros pincement au coeur. La tristesse donc …


Mes premiers tours de roues étaient souvent entrecoupés par la lecture dans l'herbe fraîche des aventures de Gai-Luron dans l'hebdo Vaillant qui devint ensuite l'inénarrable Pif Gadget. Premier héros de sa longue progéniture, Gai-Luron m'a fait entrer dans le monde magique de la bande dessinée. J'ai grandi ensuite avec les blagues « gentillettes » et potaches de ses publications dans Pilote en collaboration avec Goscinny pour le scénario : dès 1968, les « Dingodossiers » deviennent l'incontournable best-seller des cours de récré du collège. 500 planches en quatre années de pur bonheur, apprentissage de l'humour décalé. Puis, Gotlib prend son envol, Goscinny est surchargé de travail et il confie donc à son collègue le scénario et les dessins. Ainsi naît la « Rubrique à Brac » qui nous a fait rentrer dans l'univers de l'absurde et du non-sens : Professeur Burp, Newton et l'incontournable coccinelle. L'âge d'or des éclats de rire et des larmes de rire lorsqu'on se racontait telle ou telle planche hilarante entre deux cours. 
Comme nous tous à l'époque, Gotlib avait sans doute aussi l'envie de grandir. Il quitte donc Pilote, et nous l'enfance, pour fonder avec Claire Bretécher et Nikita Mandryka le célèbrissime  « Echo des Savanes ». A partir de là, on rentre dans un autre monde. Dessins et blagues scatos, dessins de seins à réveiller l'ado le plus coincé, le petit chaperon rouge qui copule allègrement avec le grand méchant loup. Vivent Hamster Jovial, le scout rock'nroll, et Pervers Pépère, le vieux dégueulasse ! Quel régal ! Même relu dix ou vingt ans plus tard, c'est le même plaisir inavoué. Le « bon Gotlib » de Goscinny devenait le nôtre … A chaque relecture, se révèlent des niveaux insoupçonnés, des sens sous le sens. Du plaisir vous dis-je !

 

Trois ans plus tard, il lance « Fluide Glacial » Magazine d'Umour et Bandessinées … Gotlib et ses copains dynamitent alors la B.D avec ce mensuel d'humour d'esprit libertaire qui deviendra un des plus importants du genre. Le style de Gotlib va à l'essentiel, le délire et la provocation. Des collaborations inoubliables viendront jalonner la revue : SuperDupont avec Solé, Alexis par exemple et Gai-Luron revient pour ses vingt ans, mais en slip .... La gestion du canard lui prenant de plus en plus de temps, il abandonne petit à petit le dessin, intervenant sur quelques scénari malgré tout. Puis dans les années 80, il se retire après avoir beaucoup donné.
2014 voit le Musée d'art et d'histoire du judaïsme de Paris lui consacrer une grande rétrospective à l'occasion de son 80ème anniversaire et ce afin de saluer l'artiste, le juif athée et l'anticonformiste, son goût du gag et sa maîtrise du récit.
Bon, je fais le plus court possible mais je pourrais vous en raconter encore beaucoup ...
Marcel Gotlib est mort, c'est triste, mais, sachez que l'astéroïde n° 184878 porte son nom. Alors quand vous lèverez les yeux au ciel …

Voilà, vous pouvez retourner faire du vélo …


Image du jour :


Météo annoncée :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H45 pour le stretto in omaggio et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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