14 oct. 2016

Faites de la science ... à vélo ...

Ciao a tutti,




Puisque c'est la fête de la Science, je me permets de la ramener encore une fois ( ma science, pas la fête ! ).
Et comme certains ont été interpellés par les corps cétoniques, je vais developper un peu. Ça va pas être votre fête !

Un peu d'histoire pour débuter. La recherche dans le domaine des corps cétoniques a débuté dans les années 70 aux Etats-Unis à la demande de l'armée qui voulait « doper » ses soldats. Et ce, tant au niveau physique que mental par l'amélioration des capacités d'endurance et des fonctions cognitives. Comme toute recherche bien subventionnée, elle a abouti à l'élaboration d'une boisson secrète à base de précurseurs de corps cétoniques, proposée d'abord aux militaires, puis aux sportifs. Les recherches ont été reprises en Angleterre plus récemment, et le milieu du cyclisme, anglais notamment, se compte parmi les adeptes …

Petit rappel sur la physiologie de l'effort : 
Pendant l'effort d'endurance, les muscles ont à leur disposition plusieurs types de carburant :
- Les lipides ( Lipolyse ) qui en présence d'oxygène permettent le maintien d'un effort d'endurance d'intensité moyenne, pendant une durée quasi illimitée ( les réserves en graisses de notre organisme sont pratiquement inépuisables ).
- Les glucides ( Glycolyse ) dont la combustion se fait soit en présence d'oxygène ( aérobie ) pour un effort d'intensité moyenne à élevée, soit sans présence d'oxygène ( anaérobie ) pour un effort d'intensité élevée avec production d'acide lactique. Mais, les réserves de glucides sont, elles, épuisables.
- Les acides aminés ( constituants des protéines ).
La répartition de l'utilisation des différents carburants en moyenne, selon le profil génétique, l'intensité de l'effort, se fait ainsi en endurance :
- 50 à 55 % pour les lipides.
- 40 à 45 % pour les glucides.
- 2 à 5 % pour les acides aminés.
L'objectif pendant l'effort est d'économiser l'utilisation des glucides afin de pouvoir conserver des ressources pour la fin de l'effort d'endurance. Alors, y a-t-il un moyen d'épargner et de retarder l'utilisation des glucides ? Oui ! Les corps cétoniques !

Petit appel ou rappel sur les corps cétoniques :
Les corps cétoniques sont fabriqués par le foie à partir des graisses et ce dans deux situations bien précises. Tout d'abord, lorsque l'organisme est à jeun ou en situation de jeûne ( donc avec des réserves insuffisantes en glucides et notamment en glucose ), ou alors lorsque le sujet est soumis à un régime alimentaire riche en graisses et très pauvre en sucre.

Avantages « stratégiques » de l'utilisation des corps cétoniques :
Les corps cétoniques, pendant l'effort, représentent un carburant très intéressant, car ils sont utilisés plus facilement et plus rapidement par les muscles, le coeur, les reins et le cerveau que les glucides.
En utilisant ce carburant, les muscles épargnent notablement leur réserves en glucides ; et donc sur un final tendu, le sportif aura encore des réserves glucidiques et l'effort intense pourra être soutenu plus longtemps.
Ils sont donc un carburant complémentaire et très performant pendant l'effort d'endurance prolongé.
L'utilisation des corps cétoniques freinant celle des glucides, il y aura par conséquent moins de production d'acide lactique pendant l'effort.
La production de corps cétoniques et / ou la consommation d'une boisson riche en précurseurs de corps cétonique a une action coupe faim, ainsi le sportif mange moins et maigrit plus rapidement et plus facilement.
Selon les études britanniques les plus récentes, l'amélioration de la performance serait de l'ordre de 2 à 3 % en aérobie.
Pour terminer, il faut savoir que les corps cétoniques améliorent la contractilité du myocarde et diminue la consommation d'oxygène, d'où leur « intérêt » dans l'endurance prolongée.

Les moyens de stockage des corps cétoniques :
Pratiquer des périodes de jeûne.
Pratiquer des diètes riches en aliments gras et pauvres en glucides.
Etre riche et prendre la boisson contenant des précurseurs des corps cétoniques pendant la période de jeûne, limitant ainsi les conséquences d'une alimentation trop riche en graisse. Je précise bien être riche, car la boisson appelée « Delta G » et vendue en Angleterre, coûte tout de même 2700 € le litre !

Les dangers :
Dangers métaboliques en cas de « surproduction » sur les reins et le cerveau ; déshydratation aigüe, tachycardie et hypotension artérielle mortelles !
Perte de poids trop importante et fatigue, conséquences des privations et des jeûnes.


J'espère que je ne vous ai pas trop saoulé et que vous n'avez pas une tête de lendemain de fête ( de la Science ). Si c'est le cas, pardon.

Aphorisme de la semaine :


Météo prévue :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H45 pour le stretto senza acetone et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes incertaines.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.



  

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