9 juin 2016

Roulez en paix, mes frères ...

Ciao a tutti,

Peut-être que, comme moi, vous avez déjà remarqué en levant la tête lors de vos pérégrinations parisiennes de drôles de vélos fichés dans des façades. J'avais alors trouvé cela sympathique mais sans y prêter plus d'attention.
Cadres cabossés, roues tordues, guidons désaxés … Etranges et poétiques vélos accompagnés de la mystérieuse signature « Ride In Peace » derrière laquelle se cache un passionné de vélo qui pour l'instant préfère garder l'anonymat.

Le point de départ de ses installations est l'opportunité qu'une de ses connaissances lui a offert de récupérer une trentaine de vieux vélos qui encombraient sa cave. L'idée lui est donc venue de détourner l'usage du vélo et d'en faire un objet de « Street Art » Depuis son premier accrochage rue de la Verrerie en novembre 2013, ce n'est pas moins d'une soixantaine de vélos ( ou pour être plus exact, de demi-vélos, car le plus souvent, il s'agit soit de l'avant, soit de l'arrière du vélo ) qui se cache dans les rues de Paris. Vivant sur la rive droite de la Seine, la majorité des vélos y sont installés ; mais une quinzaine sont à découvrir sur la rive gauche. A son grand étonnement, plus des trois quarts sont toujours en place : « Pour moi, l'important est qu'un vélo tienne deux à trois heures, au-delà , c'est déjà du bonus. Donc c'est formidable que tant de vélos soient encore en place aujourd'hui ! Et puis, j'aime cette dimension éphémère propre au Street-Art, elle fait partie de mon travail.». 

Quant au sens à donner à ces accrochages, l'artiste aime à retourner la question pour savoir comment ces oeuvres sont accueillies et interprétées. Hommage au vélo ? Prévention des accidents attestée par la signature « Ride In Peace » ? Ready-Made à la Marcel Duchamp ? Un peu de tout cela à la fois, mais avant tout, mettre en valeur ce « magnifique objet » qu'est le vélo.
Le choix des emplacements obéit à la simple règle du coup de coeur. Certes, il privilégie les endroits où la culture du Street-Art est bien ancrée, par rapport aux monuments ou quartiers aisés dans lesquels l'éphémère se réduirait à peau de chagrin. Cependant l'assurance aidant, toute rue est désormais susceptible de devenir sa future cible. Il est à noter que la Mairie de Paris n'a jamais entravé sa démarche. Au début, il privilégiait la nuit pour ses installations, mais désormais, il ose davantage le faire de jour. Ce qui lui permet d'expliquer sa démarche aux passants et badauds et de recueillir par la même occasion leurs avis et ressentis. L'artiste confesse aussi aimer les montées d'adrénaline que lui procurent ces accrochages … Les anecdotes à ce sujet ne manquent d'ailleurs pas, vous vous en doutez.

Accrocher des vélos à moitié cabossés dans les rues ne nourrit pas son homme, c'est certain ! Mais sa sympathique démarche a été comprise par un certain nombre, ce qui lui a valu la possibilité de faire une petite exposition à l'Hôpital Saint-Antoine ; un acte emblématique et une forme d'accomplissement pour lui. Vous pouvez vous y rendre jusqu'à la fin du mois de juin, accès libre tous les jours aux heures d'ouverture de l'hôpital ( fermeture à 22 heures ) au 148, rue du Faubourg Saint-Antoine ( XII ème )

L'accrocheur de vélos a encore des projets en tête : autres villes, françaises et européennes, collaboration avec d'autres artistes …

Lors de vos prochaines visites dans la capitale, n'oubliez pas de lever les yeux, car quelque chose me dit que l'on est pas prêts d'arrêter de découvrir de nouveaux vélos au détour des coins de rues …
Ride In Peace, Brothers !


Image du jour :

Al Vigorelli si gira di nuovo ! Il profumo dell'abete rosso sia con voi .


Météo annoncée, de la plus déprimante à la plus réjouissante …


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H15 pour le stretto in pace et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes incertaines.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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