5 févr. 2016

La roue tourne ... Un peu trop vite ...

Ciao tutti,

Rassurez vous,avec un titre comme celui là, je ne vais pas donner dans l'obituaire ou la rubrique nécrologique ! Juste rebondir sur « l'affaire de la semaine », à savoir le dopage mécanique … Drôle de famille que celle de Femke Van den Driessche, utilisatrice du vélo contrôlé positif : un père qui vole dans les magasins, un frère condamné pour dopage … Je ne reviendrai même pas sur son système de défense, tellement idiot qu'on dirait du Landis ou du Armstrong pris la main dans la pharmacie.

Mais je ne suis pas le premier à rebondir sur le sujet. En effet, le journaliste Claudio Ghisalberti de la « Gazzetta dello Sport » a publié un article en début de semaine arguant que ce type de tricherie appartiendrait déjà au passé. Le moteur caché dans le cadre est déjà une antiquité, le dopage du pauvre ! Selon lui, le produit phare actuellement est la roue électromagnétique, qui coûterait 200.000 euros avec un délai d'attente de livraison de six mois.


A partir de l'image ci-dessus, il explique le fonctionnement de cette soit disant nouvelle roue en carbone. Des câbles sont insérés dans la jante et permettent une accélération sans effort musculaire supplémentaire. Le cycliste peut activer ou désactiver la mise en route via son cardio-fréquencemètre ou une simple télécommande, lui procurant lors de sa mise en action une puissance allant de 20 à 60 Watts. De bon coureur, on passe à coureur exceptionnel !
La source du journaliste affirme avoir vendu déjà 1200 exemplaires ces dernières années, allant même jusqu'à affirmer que cette roue est si parfaite que certains cyclistes l'utilisent sans même le savoir ! ( ce qui est sûr, c'est que moi je le saurais ! ) « Il pensent juste être dans un bon jour » ajoute t-il goguenard !
A se demander si le concepteur est déjà monter sur un vélo ! Mais peut-être que la vente de 1200 roues à 200.000 euros pièce lui a fait perdre le bon sens commun …

Je me suis souvenu vous avoir parlé il y a quelques temps de ce système. En effet, il apparaissait sur le prototype Lightweight présenté au salon EuroBike 2014. Mais dans ce cas, il s'agissait d'une jante spécifique aves des aimants placés sur la périphérie et d'électro-aimants disposés sur les haubans arrière ; rien à voir avec la jante carbone indétectable mentionnée dans l'article. 
Le coté simpliste de la démonstration du journaliste laisse pantois : « des fils électriques sont installés dans la roue … ». Jusqu'à preuve du contraire, cela n'a jamais fait avancer un vélo ! Dans le cas d'un moteur linéaire synchrone, il faudrait des aimants permanents ou bobines en nombre suffisant et à intervalle régulier, ce qui alourdirait énormément la roue. De plus, cela nécessiterait de puissants électro-aimants placés dans les bases ou comme dans le proto Lightweight dans les haubans. Ces électro-aimants devraient être mis au plus près des aimants de la jante pour une plus grande efficacité, quelques millimètres au mieux ! Conserver l'espace actuel de près d'un centimètre entre la jante et les bases / haubans induirait de grandes pertes.

Ces électro-aimants vont en outre nécessiter une batterie pour les alimenter, ainsi qu'un processeur pour piloter l'ensemble, à savoir commander la fréquence de courant appliquée en fonction de la vitesse de rotation de la roue. Cette batterie devrait être conséquente pour offrir une autonomie suffisante.

Ce mécanisme est donc possible en théorie, mais la pratique est aléatoire pour ne pas dire détectable ! En effet, si on ne veut pas d'une roue pesant 5 kilos à cause des aimants, il faudra alors utiliser des matériaux très très chers qui réduiraient le poids à 2,5 kilos. Désolé, mais un vélo répondant au critères UCI affichant près de huit kilos sur la balance éveillerait bien des soupçons de la part des commissaires ( qu'en penses-tu L. ? )

Quant au prix, le système utilisé par la belge ( Vivax Assist avec l'option Invisible Performance Package ) ne coûte que 3300 euros ! Le petit moteur invisible est bien une réalité, n'est ce pas Femke ?
Cependant, la roue électromagnétique n'est certainement pas aussi simpliste que ce que veut nous faire croire Claudio Ghisalberti et ne coûte sans doute pas 200.000 euros.

Bref, il y a de quoi être dubitatif !


Aphorisme photographique du jour :


Météo annoncée et protection solaire conseillée :


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H15 pour le stretto elettromagnetico et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes assurément ensoleillées.

A presto sulla bici o sulle piste da sci.

Gianpietro.



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