6 mars 2015

Le cycliste va t'il changer de nom ?


Ciao a tutti,

                                                                                                       

Lorsqu’on parle de donner plus de place au vélo et aux cyclistes, cela hérisse le poil d’une certaine partie de nos concitoyens, qui voient les « cyclistes » comme une catégorie à part de la population, différente d’eux, presqu’allochtone ( savant, hein ? ) et qui viendrait accaparer la route et l’espace à son seul profit. Nous avons tous en mémoire les nombreuses marques d’agressivité à notre égard et les discussions stériles qui en découlent souvent. Les américains appellent cela le « bikelash », la réaction face à la montée du vélo et au développement de nouvelles infrastructures dédiées. Cette réaction s’illustre par une résistance et une hostilité. Mais rassurons nous, selon les sociologues, cette réaction correspond à la phase deux de tout processus de changement :
    - 1 / Dérision des nouvelles idées ou mode de vie ( en ce qui nous concerne : se moquer des cyclistes ).
    - 2 / Opposition, parfois violente ( en ce qui nous concerne : nous frôler et nous critiquer ).
    - 3 / Banalisation ( la majorité soutient le changement, s’y opposer devient mal perçu ).
    - 4 / Normalisation ( le nouveau comportement devient la norme et on n’imagine même plus autre chose ).
Cela peut donc être long, mais nous sommes sur la bonne voie !

Cependant, une expérience menée à Seattle a montré qu’en changeant de vocabulaire, on peut aussi changer la perception des cyclistes par les autres usagers de la route. En effet, le cycliste n’est pas une race à part. Tout comme l’automobiliste et le piéton d’ailleurs. Le cycliste peut changer de mode de transport plusieurs fois par jour : marche, transport en commun et même voiture ! Il change donc de mode mais reste la même personne. Ses besoins évoluent de la même façon que ceux d’un automobiliste qui descend de sa voiture pour marcher …

Le cycliste est donc « une personne qui se déplace à vélo », à certains moments de la journée. Et quand, dans un débat public, on commence à parler de lui en ces termes, l’animosité diminue ! C’est ce qu’on a constaté à Seattle : ne pas ramener la personne à son véhicule permet de désamorcer les tensions !
Ainsi, on pourrait aussi parler de « partage équitable de l’espace public » plutôt que de « donner de l’espace au cycliste », de « rues sûres » plutôt que de « zones 30 » afin d’apaiser les tensions …

Au niveau linguistique, il faut avouer que l’expérience n’est pas vraiment enthousiasmante … « Course cycliste » deviendrait « course de personnes à vélo » ? Route d’aRchettes serait donc un club de personnes à vélo ?

L’idée du changement de qualificatif est donc sympathique, mais je préfère me contenter de l’explication sociologique. Car n’oublions pas qu’un con, surtout en voiture ( ou en vélo ? ), reste un con !

Aphorisme du jour : « Riding with friends who are faster is the best training aid. » ( Dédicace en forme de remerciements à ceux qui se reconnaitront … ).

Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H45 pour le stretto qui ne change pas de nom ( ? ) et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

                                                                                               

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

Aucun commentaire: