13 mars 2015

Eàvélotamaloùtoi ...

Ciao a tutti,

J’ai envie de me rassurer en faisant des choses dures. J’ai envie de me faire mal, un peu … Combien de fois cette petite phrase a t’elle émergée dans le fond de nos têtes ? Bêtement, peut-être, peut-être pas ?
Qu’est ce que la douleur ? Pas celle que vous ressentez lorsque vous cognez l’orteil dans une patte de table, mais la douleur du sportif : les poumons qui menacent d’éclater, la tête qui tourne, l’envie de vomir tant on est à bout ( je me pose en spécialiste incontesté de cet état ! ) …
La douleur peut elle être un moteur de performance ?                                                                                
L’excellente journaliste Elsa Fayner, avec le réalisateur sonore Frédéric Changenet et la photographe Hélène David, sont allés interroger des « spécialistes de la douleur », à savoir des athlètes de haut niveau ! Le résultat est une série de cinq courts documentaires très réussis qui parlent plus de corps, de violence, d’imagination et de transe que de sport. Ces vidéos sont visibles si vous le souhaitez sur le site de Radio France à cette adresse : http://nouvoson.radiofrance.fr/elsa-fayner?page=1 ( Durée environ 3’ chacune )

Pourquoi la douleur ? Parce que, comme dans l’orgasme ou l’extrême fatigue, elle est le point limite des rapports entre le corps et l’esprit. La reporter explique : « dans la douleur de l’effort, ce qui se joue, c’est la puissance de l’esprit. Je ne parle pas du mental, mais de l’imagination. C’est ça qui est beau : la puissance de l’imagination ! Tu te dis que tu es un félin pour dompter la douleur. Les sportifs sont des spécialistes de cette dissociation corps / esprit. ».

Au contact de ces athlètes de haut niveau, pour qui la douleur fait partie du quotidien, elle a rapidement rencontré un problème majeur : la douleur qui l’intéresse, les sportifs sont habitués à l’ignorer ! Ils apprennent à la maîtriser, pas à l’analyser. Elle a donc mis au point un dispositif particulier, une sorte d’entretien corporel, pour les faire parler.
« Souvent, je les récupérais après l’entraînement, déjà fatigués. Pour recentrer la conversation sur le corps, je leur demandais de s’allonger sur le sol. Je leur parlais un peu pour les mettre en confiance,les relaxer. Je leur demandais de de fermer les yeux, puis je m’adressais à leur corps. Je leur demandais comment leur corps se sentait, par exemple. Ça a souvent bien marché. Je n’ai jamais recueilli de parole aussi intime et aussi singulière. ».

La grande réussite de ces documentaires est d’avoir mis en avant une parole qu’on entend jamais dans le sport, comme celle de ce gymnaste : « tu te dis « j’en peux plus », mais tu vas donner tout ce que t’as et tu vas pouvoir tenir une fraction de seconde de plus. C’est un regain de flux qui jaillit mais … Tu fermes les yeux et tu ne penses à rien. Tu vois du noir, ça paraît durer énormément de temps. Parce que le temps passe beaucoup plus lentement quand tu es en train de forcer. ».

Si vous visionnez ces petits docus, vous serez sans aucun doute séduits par la qualité de la prise de son ( n’hésitez pas à écouter au casque ). Tout le mérite en revient à Frédéric Changenet. Le son est magnifique, proche, précis, enveloppant, grâce au binaural, sorte de 3D du son qui ajoute plusieurs dimensions à la stéréo normale. On entend au plus près le son de l’effort : le souffle, les foulées, le grincement des barres, l’eau que fend la nageuse … Ah ! si elle avait rencontré un cycliste … Le preneur de son se serait sans doute régalé et nous aussi !
L’artisan du son résume ce qu’il a vu et entendu : « ce sont des vies d’ascètes. C’est très dur et ils sont souvent très seuls. C’est ce qu’on a voulu capter : quelque chose qui est aux antipodes de Stade 2. ».

                                                                                               

Bravo également à la prise de vues des photos qui parsèment ces documentaires. Vous jugerez par vous même ...

Le seul reproche que je peux faire  : ne pas avoir pris un cycliste pour son sujet ! Car c’est un sport qui aurait lui aussi beaucoup à dire et à faire entendre, non ?

Aphorisme du jour : « Le sport consiste à déléguer au corps quelques-unes des vertus les plus fortes de l’âme. » ( Jean Giraudoux  - Ecrivain et diplomate français )

Météo annoncée et ce n’est pas une blague :

           

Rendez-vous à « l’Ambassade » à 08H45 pour le stretto bagnato et départ dans la joie et la bonne humeur sur des routes incertaines.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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