21 nov. 2014

Quéquettes Blues ...

Ciao a tutti,



J’ai lu récemment un excellent article de Clément Guillou, journaliste de son état, traitant du phénomène « Strava », bien connu de nombre de membres très actifs de Rd’a. Pour ceux qui ne connaissent pas les arcanes de cette application, et peut-être pour les autres aussi s’ils le lisent, voici un petit mémo sur le sujet.
Strava est donc un site communautaire et son application, au sein desquels, cyclistes et joggeurs comparent leurs temps sur des portions de route ou de tracé.
Pour utiliser le site dédié, il suffit d’enregistrer son déplacement avec l’application ou un capteur GPS dont les données seront ensuite chargées. Sur des segments crées par les utilisateurs, votre performance sera comparée aux précédents cyclistes ou coureurs à pied ayant emprunté le même tronçon.
Egocentrisme sublimé ? Addiction assurée !
Strava domine haut la main le marché déjà très surchargé des applications d’entraînement cycliste et de course à pied en raison de son système de segments et de l’idéologie du classement permanent dont la mise à jour est quasi instantanée. Ce qui fait dire à C. Guillou que Strava est le royaume des « concours de quéquettes » entre sportifs amateurs. Drôle, non ?
En France, l’application ne cesse de grandir, avec cependant quelques années de retard sur nos voisins européens, comme le démontre la carte d’activité réalisée par Strava ci-dessous. Il faut noter que les cyclistes et joggeurs de la région parisienne et de la Côte-d'Azur sont les plus connectés, mais Rd’a est présente !

                                                                                               xdc(rt
L’application stimule le côté addictif par le développement des aspects communautaires, puisque l’on peut s’abonner aux autres utilisateurs, commenter et « liker » leurs performances. Mélange harmonieux de Facebook, de Google Maps et de Nike+.

Il y a deux façons d’appréhender « Strava » : pour certains, elle met de la compétition où l’on pouvait s’en passer ( sorties d’entraînement, déplacements en ville ) et n’est qu’un moyen de se faire mousser à peu de frais, pour d’autres, elle donne une nouvelle dimension aux déplacements à vélo ou à pied, motive à s’entraîner et permet aux jeunes( et aux moins jeunes ! ) de se comparer à leurs idoles ou à leurs camarades de bac à sable …

Car « Strava » autorise le quête du Graal : le KOM. Le bon point, l’image de notre enfance … Il récompense le plus rapide sur le segment, le « King of Mountain », même si c’est plat ! Le KOM permet à certains d’accéder à une petite notoriété et même de susciter des jalousies inavouées …
Cyclistes sur route, joggeurs, cyclistes urbains se tirent ainsi la bourre à s’en faire péter les coronaires allant même jusqu’au déraisonnable ( mais n’est ce pas là le meilleur ? )

Pour exemple ce biker parisien qui avoue : « Battre un KOM, c’est aussi une question de couilles, de prise de risque maximale. Vu le niveau aujourd’hui, sur certains segments un coup de frein et c’est mort. »
Impressionnant, cet autre biker, pistard amateur, qui affiche quelque 110 KOM … Sur son vélo et non à scooter comme on serait en droit de le penser. Mais des vidéos authentifient ses performances ! « Strava » est pour certains une vraie compétition … Qui a la plus grosse ? Qui a la plus grande ? Qui a la plus rapide ? Tout est permis, rouler la nuit afin d’éviter le trafic ou le dimanche matin très tôt, se moquer du code de la route etc …

Pour avoir un KOM, le meilleur moyen est encore d’en créer un soi-même et d’attendre que quelqu’un vienne le battre !
Illustration avec cette petite vidéo de la création d’un KOM inédit, « Place de la Concorde / Bastille avec la rue de Rivoli à contresens ( route en cours de fermeture avant le marathon de Paris )  ». Celui-ci a une bonne année d'existence devant lui ... :
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Devant les prises de risques, la société californienne mise en cause dans deux accidents mortels mais non poursuivie, a réagi en intimant au sportif déchu de son KOM non plus « Dépêche toi d’aller rouler pour lui montrer qui est le patron ! », mais un évasif « Vas-y, éclate toi et sois prudent ! » De plus, sur des segments jugés dangereux, Strava vous empêche l’accès au classement sauf si vous signez en bonne et due forme une exonération de la société de toute responsabilité …

Et les « Pros » dans tout ça ? Eh bien, ils utilisent de plus en plus « Strava » en y voyant un bel outil. A. Geniez allant même jusqu’à avouer que cela faisait beaucoup parler dans le milieu, au point de susciter des disputes ( entres gamins ? NDA ), car certains ne supportent pas de se faire piquer un KOM ! L’utilisation de « Strava » n’est cependant pas exclusivement compétitive chez les Pros, la taille de la quéquette se voyant aisément sous le cuissard de plus en plus moulant … L’usage raisonnable est de mise selon J. Pinot ( entraîneur ) : « Il ne faut pas que le coureur entre dans le jeu et fasse tous les entraînements à fond car ce n’est pas toujours le but de la séance ». Il demande aussi à ses coureurs, dont son frère Thibault, de désactiver l’importation de leur données de puissance par crainte de piratage … Véloleaks est pour bientôt !
Les « Pros » se servent aussi de « Strava » pour repérer des itinéraires inconnus ou étudier le profil des arrivées depuis leur téléphone, grâce aux données, certes imprécises, sur le dénivelé des routes.
Bref, chez les »Pros », les KOM sont accessoires et ils ont, de toute façon, tous une très grande quéquette !

Pour les obsédés de la quéquette et du concours, sachez qu’il existe un site ( DigitalEPO pour ne pas le citer ) qui propose de modifier un petit peu, beaucoup, ou à la folie vos données GPS pour faire de vous le « King of Mountain » de « Strava » ! Quéquette Blues …

Dans un article soumis à la Royal Geographical Society, un universitaire britannique a constaté que l’application encourageait la pratique du vélo quel que soit le niveau mais dégradait l’ambiance au sein des pelotons du dimanche ( Ouf ! On roule le samedi ! ) …

Autre sympathique utilisation de « Strava » : le « Stravart » … Il ne faut tout de même pas voir de l’art partout ! Mais bon, à développer, dirons nous.

                                          
Quoi qu’il en soit, « Strava » est un baume apaisant pour l’ego ...

Aphorisme du jour, italien, à la demande de gReg : « Una bicicletta  può ben valere una biblioteca.» ( Alfredo Oriani - écrivain, historien et poète italien )


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 08H15 pour le concours de stretto et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.


                                                                                              

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