13 juin 2014

Et si le vélo faisait la loi ...

Ciao a tutti,


                                                                                          
Pour faire écho à l’article du « vieux con anonyme »( ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui-même ) mis en ligne par gR, je me permets de revenir sur le concept et la réalité des pistes cyclables … Il y a piste cyclable et piste cyclable !
Bravo à toi gR, pour ta réponse aussi concise que pertinente !

De très nombreuses villes de France se sont prises d’amour pour le vélo urbain et se sont lancées dans un bon vieux concours, à savoir celle qui avait la plus grande ... ( piste cyclable ! ). Mais comme déjà écrit ci-dessus, il y a piste cyclable et couloir partagé, piste cyclable et marquage au sol …
Il ne faut pas ignorer que depuis ces dernières années, on constate un peu partout dans l’hexagone une nette baisse du déploiement de ces fameuses nouvelles pistes cyclables si chères à nos municipalités. Crise oblige, les budgets se restreignent et le vélo n’est certainement plus la priorité face aux autres financements. Pourtant, la loi LAURE, dite « loi sur l'air » ou encore « loi Lepage », du nom de son auteur, est très claire sur ce sujet : « à l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines ( … ) doivent être mis au point des itinéraires cyclables ». C’est donc bien la législation française, si chère à nos élus, qui impose, depuis le 1er janvier 1997 ( vous avez bien lu : 1997 ! ) à toutes les agglomérations de mettre à disposition un aménagement cyclable dès qu’une voie est créée ou rénovée. Comme souvent dans les lois, l’interprétation est de règle ! Et ce texte de loi devenu l’article L228-2 du Code de l’Environnement ne déroge pas : « ( … ) doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et des contraintes de la circulation ». Avec un texte aussi permissif, de nombreux élus se sont vite aperçus qu’un simple marquage au sol permettait aisément et à moindre coût, d’augmenter de manière très rapide le fameux nombre de kilomètres du réseau cyclable de la ville et de le faire savoir à qui de droit.
Le rapport « Pistes pour rendre efficiente l’obligation de créer des itinéraires cyclables en milieu urbain », réalisé par l’organisme interministériel de la mission nationale des véloroutes et voies vertes, soulève cependant que l’un des principaux freins à l’application est surtout que les collectivités ne sont pas véritablement convaincues des bénéfices que peut engendrer la pratique du vélo sur leur commune. Elles ont de plus en plus tendance à penser qu’en empêchant les voitures de se rendre dans les hyper-centres des villes, elles vont empêcher les consommateurs de consommer ! Alors que c’est exactement le contraire ! Toutes les villes qui depuis longtemps ont opté pour un centre-ville apaisé, en privilégiant des modes de déplacements doux, s’en félicitent aujourd’hui. Les habitants s’y déplacent mieux et de manière plus sereine. Et un consommateur moins stressé est un consommateur qui consomme plus !
Je vous sens dubitatif … Pour vous convaincre, une étude de l’Université de Washington menée par Kyle Rowe, a collecté les chiffres d’affaires d’une zone commerçante d’une des grandes artères de Seattle, avant et après la construction juste à cet endroit d’une piste ( une vraie ! ) qui supprimait des places de stationnement. Résultat : Une augmentation de 400 % des chiffres d’affaires. Bien sûr, et comme le reconnaît lui même le chercheur, on ne sait pas si c’est la piste cyclable qui a véritablement provoqué cette augmentation, mais on ne peut que constater que cela n’a certainement pas nuit aux affaires des boutiques environnantes.

Bon, alors, Mesdames et Messieurs les Maires, qu’attendez vous pour appliquer enfin correctement l’article L228-2 du Code de l’Environnement ? !

Ainsi, vous aurez des conducteurs en centre-ville qui passeront du statut de « vieux con anonyme » à celui de cycliste consommateur détendu. Tout le monde y gagnera !                                                                                         

Aphorisme du jour et des semaines à venir : « Le Tour de France, c’est Noël en juillet ! ». ( Serge Laget - Ecrivain, journaliste à l’Equipe, Prix Blondin … Amoureux du vélo et du Tour de France )

Rendez-vous à « l'Ambassade » à 07H45 pour le stretto legale et départ à 08H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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