6 juin 2014

Le vélo fait encore mal ...

Ciao a tutti,

Personne ne contredira le fait que le vélo fait parfois très mal aux jambes. Certains pratiquants et non des moindres ont trouvé une solution pour supprimer ces douleurs … En toute légalité ?
Ainsi, le Tramadol est placé sous surveillance depuis 2012 par l’Agence Mondiale Antidopage, bien que celui-çi soit autorisé par cette même agence. Le Tramadol améliorerait les performances des sportifs et est fréquemment utilisé par certains coureurs. Le Tramadol est un analgésique central dont l’efficacité est due à la synergie d’un effet opioïde et d’un effet central par inhibition de recaptage de la noradrénaline et de la sérotonine, mécanisme impliqué dans le contrôle de la transmission nociceptive centrale.
Mais pourquoi le Tramadol agit ? La résistance à le douleur est un effort mental. Le cerveau dit au corps qu’il a mal avant qu’il ait vraiment mal ! Dans le cadre d’une étude menée par un chercheur de l’Université du Kent, des cyclistes ont parcouru 16 kilomètres, certains avec une prise de placebo, d’autres avec une prise de paracétamol ( antalgique bien moins puissant que le Tramadol ). Ceux qui avaient pris de l’antidouleur roulaient plus vite, produisant plus de puissance et ayant donc plus d’acide lactique produit et un rythme cardiaque plus élevé que les autres. Ils ressentaient la même douleur que ceux ayant pris le placebo. Ce qui suggère que ce n’est pas une limite physiologique, comme la quantité d’acide lactique dans les muscles, qui impose de ralentir, mais le niveau de douleur ressentie. D’où cette conclusion logique : les antidouleurs améliorent bien le performance ! De plus, il est aussi évident que dans le cas du Tramadol dont les effets antalgiques sont beaucoup plus puissants que le paracétamol, il masque la douleur.



Si l’on reparle du Tramadol en ce moment, c’est en partie à cause des propos tenus par Michael Barry dans son dernier livre, évoquant sa dernière année au sein de l’équipe Sky en 2012. Et lorsque M. Barry parle de produits dopants, on écoute, car il sait de quoi il parle … Lui qui a couru quatre ans avec Lance A. ! Selon lui, les coureurs de la Sky, chez qui il a couru de 2010 à 2012, prenaient fréquemment du Tramadol durant les courses sans raisons apparentes. L’équipe Sky s’est empressée de préciser que depuis deux saisons, le Tramadol était interdit dans l’équipe en course comme à l’entraînement ( et donc était permis avant … ). Barry décrit la légère euphorie provoquée par la prise du médicament, aussi le fait de ne plus ressentir de douleurs aux jambes pouvant ainsi appuyer plus fort que d’habitude sur les pédales. Il précise « cela améliorait autant la performance que n’importe quel produit dopant que j’avais pris, avec une différence de taille : c’était légal ! ».
Cela ravive le débat lancé par Taylor Phinney en 2012 autour des antalgiques. Il dénonçait l’usage massif des «  bidons d’arrivée «  dans lesquels étaient dilués force caféine et antalgiques. L’autre problème soulevé était l’engrenage que cela engendrait : on en prend pour s’améliorer, en masquant les effets du cyclisme sur le corps. En résumé, on prend un antidouleur pour améliorer sa performance !

Alors dopant ou pas ? Le médecin de l’équipe Garmin est catégorique « Absolument, le Tramadol est un produit dopant. Je sais que c’est un problème. Ce n’est pas un gros produit dopant mais cela peut faire la différence. Ce n’est rien comparé à l’EPO ou au dopage sanguin, c’est plus comme les corticoïdes. Sur une échelle de 1 à 10, si le dopage sanguin est à 10, le Tramadol est à 2. ». Quant à celui de la FDJ, il s’énerve lorsqu’on lui parle du sujet en disant que ce n’est pas un dopant et écornant M. Barry « Comment M. Barry, avec tout ce qu’il prenait, pouvait faire la différence entre EPO, hormones de croissance, corticoïdes et du Tramadol ? ». Pourtant, c’est lui qui à la tête du Mouvement Pour un Cyclisme crédible réclame son interdiction, non pas pour des raisons éthiques mais pour des raisons médicales ( troubles de la vigilance, de la concentration, vertiges … augmentant ainsi le risque de chute. ). Plusieurs médecins d’équipe considèrent que le Tramadol est l’une des causes de l’augmentation des chutes en course ( les coureurs seraient moins réactifs.).

Le point très positif de cette affaire est qu’une partie du peloton réclame son interdiction ( Le MPCC a toujours interdit son utilisation à ses membres ). Que le cyclisme se soucie d’un produit autorisé montre tout de même le chemin parcouru … Ce n’est pas le cas du foot, où on l’aime bien aussi le Tramadol : 39 % des participants à la dernière Coupe du Monde prenaient des antalgiques puissants avant chaque match …

Aphorisme du jour : « La mélancolie est incompatible avec le vélo. » ( James E. Starrs - Professeur de Droit et passionné de vélo - );


Rendez-vous à « l'Ambassade » à 07H45 pour le stretto sans antidouleur et départ à 08H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Gianpietro.

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