5 avr. 2013

Détours de Flandres ...


En ces temps cyclistes et flandriens, je me devais de vous parler des Flandres. Mais ce n'est pas à vous, " flahutes " dans l'âme et dans les jambes, que je vais apprendre quoique ce soit sur la petite ou la grande histoire de cet autre pays du vélo. Aussi, est ce le hasard qui m'a poussé à acheter puis à lire un bouquin sur les Flandres, les flandriens et il va sans dire les courses cyclistes qui font partie de la culture locale … Mais il n'y a pas de hasard ! Je viens donc de terminer la lecture du livre de Dimitri Verhulst intitulé " La merditude des choses " et je me propose de vous en écrire quelques mots.
En hommage au grand film italien d'Ettore Scola " Affreux, sales et méchants ", je pourrais sous-titrer ce livre en " Affreux, sales et flamands " … Mais ce serait peut-être un peu réducteur. L'auteur signe un roman / récit autobiographique très fort, plein d'une immense tendresse qui se cache derrière un cynisme apparent en guise de façade, une thérapie peut-être aussi en guise d'au revoir à un passé pénible sans toutefois le renier. " La merditude des choses " se pose comme une réflexion assez profonde sur l'évolution d'un homme parvenu à s'extraire de son milieu sans pour autant y avoir gagné un équilibre définitif.
J'ai pris beaucoup de plaisir à aller au bistrot avec " les Verhulst ", affreux, sales et pas vraiment méchants, mais alcooliques, c'est certain ! Les Verhulst, ce sont quatre frères vivant chez leur mère ; trois oncles et le père de Dimitri, le narrateur. Le jeune garçon déroule ses souvenirs d'enfance parmi cette famille de boit-sans-soif, entre virées au troquet, bagarres, huissiers, et services sociaux dans cette charmante bourgade du nom de Reetveerdegem ( avec l'accent ! ). Marginaux irrécupérables, cas sociaux sur lesquels l'auteur porte un regard assurément tendre. Jamais moqueur, jamais révolté par ce qu'il a subi tout au long de sa jeunesse, il laisse plutôt transparaître un doux mélange de mélancolie et de nostalgie. Vers la fin du bouquin, le narrateur adulte s'exprime avec peut-être un brin d'amertume palpable ; ces dernières pages étant parsemées de beaux moments que je vous laisse découvrir si vous en avez envie. Humour, romantisme noir, cynisme glacial : un bon livre !

IL FAUT LIRE CE LIVRE ! Ne serait-ce que pour les scènes de courses cyclistes ( nous y voilà ! ) … La première course est à l'initiative d'un bistrotier qui pour vendre sa Pils organise une course cycliste à réaliser entièrement nu. La seconde naît dans la tête d'un des oncles qui organise un Tour de France pour alcooliques calqué sur le vrai Tour. Chaque étape se comptant en nombre de verres et non en kilomètres, où les sprints correspondent à un concours de vitesse d'absorption de demis ( toute une technique, comme à vélo ! ) et où les difficultés sont remplacées par des alcools forts. Voyez par vous même à quoi correspond un col hors catégorie ! Maillot jaune, vert et à pois remis à chaque fin d'étape …

Pour ceux qui n'aiment pas lire, il y a eu un film réalisé en 2009 par Felix Van Groeningen. Je ne l'ai malheureusement pas encore vu, mais je compte le faire rapidement ...

                                                                                                                              
 Rappel : " La merditude des choses " de Dimitri Verhulst - Edition Denoël, collection " Et D'Ailleurs " - Traduit du Néerlandais / Existe en poche : Editeur 10/18 - 10/18 Domaine Etranger, N° 4636.
                                                                                                                            

Aphorisme du jour : " Le Tour de France, c'est le Tour des miracles.Il consolide l'amitié et il a même réconcilié des gens fâchés à mort. " ( Antoine Blondin qui se serait bien entendu avec les Verhulst ! )

Rendez-vous à " l'Ambassade " à 08H15 pour le stretto avec les frères Verhulst ( c'est à dire plus genièvre ! ) et départ à 08H30 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées.

A presto sulla bicicletta.

Damiano.

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