15 févr. 2013

Le vélo métaphorique ...


Ciao a tutti,

                                                                                                               
La quête obsessionnelle d'un vélo, comme le symbole d'un désir d'émancipation et de liberté, voilà le thème du premier long métrage de la saoudienne Haifaa Al Mansour intitulé " Wadjda ". Et c'est un événement considérable, car en Arabie Saoudite, pays où on ne rigole pas avec la religion, les traditions, les femmes et le grand écran ( les salles de cinéma sont interdites ! ), la réalisatrice de 38 ans a réussi une fiction insolente et irrésistible qui met en scène la réalité d'un état où les femmes, derrière leur voile, n'ont droit à rien ou presque rien. L'héroïne est une gamine rebelle de douze ans qui veut s'acheter un vélo, mais qui se heurte à des obstacles de toutes sortes : avec sa famille, avec la religion, avec son école, avec ses amis. Mais Haifaa Al Mansour a su ne pas sombrer dans les clichés du cinéma arabe comme la femme victime, le pathos et les surenchères larmoyantes. Elle avoue devoir beaucoup à son père qui lui a donné la force d'assumer ses désirs, ayant grandie avec bonheur dans une famille progressiste et libérale. Elle raconte volontiers que le jour où son père est allé acheter des vélos pour deux de ses frères, elle a fait part de son désir d'en avoir un aussi. Le père, malgré le regard plus que réprobateur du marchand, lui a offert immédiatement ! L'allégorie du vélo en dit long sur l'état d'une société gouvernée par la charia  … En Arabie Saoudite, les femmes ne sont admises qu'à l'arrière d'un vélo sur le porte bagage, à condition d'être à la remorque exclusive du mari ! Vous n'en soupçonnez sans doute pas la raison … : " afin que la selle ne donne pas lieu à une jouissance sexuelle obscène " ! Qui d'entre vous, soyez honnêtes, a déjà joui sur sa selle ? J'attends les réponses avec intérêt  avec force détails ...


Ce film a obtenu une double récompense au festival de Dubaï ( meilleur long métrage et meilleure interprétation féminine ) et une ovation à la Mostra de Venise. Pour lui donner vie, la réalisatrice a dû affronter de nombreux défis. elle raconte elle-même " Nous n'avons pas de cinéma, c'était donc un énorme risque commercial. Le financement a aussi été difficile. Pendant le tournage, je devais communiquer par talkie-walkie avec les acteurs, car je ne pouvais pas être physiquement présente au même endroit qu'eux ( ! ) … ". Loin de caricaturer l'Arabie Saoudite, Haifaa Al Mansour insiste sur les conditions difficiles des classes défavorisées dans son pays, et sur le point de vue d'une enfant qui ne comprend pas les règles qu'on lui impose, dans une société conservatrice qui s'ouvre doucement, trop doucement …

Courage, amitié, amour et vélo peuvent résumer ce film. Enfourchez vos vélos et allez voir " Wadjda " !

Aphorisme du jour et fort à propos : " Quelle bonne éducation que la bicyclette, pour une femme … Si j'avais une fille, je la mettrais dès dix ans sur une bicyclette pour lui apprendre à se conduire dans la vie. " ( Emile Zola - Ecrivain et journaliste français - )

Météo annoncée :

                                                               

Rendez-vous à " l'Ambassade " à 08H45 pour le stretto caldo et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes incertaines … Si les conditions ne permettaient pas la pratique du vélo, je vous invite à vous rendre à l'Ambassade en tenue de jogging. ( J'ai d'excellents amis qui vous prendront en charge … Ils se reconnaîtront … )

A presto sulla bicicletta.

Damiano.

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