3 févr. 2012

Le vélo de Mao ...

Ciao a tutti,
La Chine est un remarquable exemple de l'incidence de la décision politique sur le développement du vélo. Dans un premier temps, en Chine, pour des raisons culturelles et financières, un net rejet du vélo se fait sentir vers 1890. Rares sont les chinois qui peuvent à cette époque en faire l'acquisition. Seuls les compradors ( ceux qui fournissaient alors aux européens leurs vélos ) et les prostituées les utilisaient. Pour ce qui est de ces dames, le vélo leur permettait de montrer leurs jambes et était un moyen de déplacement rapide, permettant donc une éventuelle fuite. Les seules personnes propriétaires de vélos étaient donc des transgresseurs et des personnes immorales. Le reste de la Chine rejetait la petite reine au nom de la vertu, contre l'impérialisme. A ces raisons, s'ajoute le problème de type confucéen posé par le vélo : un vélo ne tient pas debout tout seul ! Il pose, en effet, un problème d'équilibre et d'harmonie. La chute étant facile, ce moyen de transport peut faire perdre la face ( et, rien n'est plus terrible pour un chinois que de perdre la face ), ce n'est pas un moyen respectable de se déplacer ... Puis la révolution Maoïste décide que le vélo sera un des fer de lance du développement chinois. Pour réaliser cela, Mao et son régime détruisent tout : salles d'expositions, de concerts, piscines, piste d'aviation, tout ce qui touche à l'impérialisme … Tout ? Non ! Pas le vélo ! Le vélo devient en fait l'outil chéri du marxisme. Aussi, lorsque Mao instaure les quatre objets que chaque chinois doit être en mesure de posséder, le numéro un est le vélo ! Le jeune régime attribue même les rares quotas d'acier et de caoutchouc pour faire des bicyclettes. Dans chaque ville, Mao crée une usine de fabrication de vélos. Un unique modèle est disponible, le " Ralei " ( modèle que l'on trouve encore aujourd'hui ). A cette construction massive de deux roues s'ajoute le projet urbaniste du gouvernement socialiste : dans chaque ville, toute artère principale doit avoir une piste cyclable. La Chine est alors le seul pays au monde où un tel projet d'urbanisme concernant les vélos est réalisé. La vélo est intégré dans la ville … Nos urbanistes actuels feraient bien de regarder derrière eux ! Un oubli significatif dans le vélo chinois : l'éclairage … Les bicyclettes chinoises d'alors n'ont pas d'éclairage ! La raison ? Passé vingt heures, un bon chinois socialiste doit être chez lui, dans son lit ! Pas dans la rue ! Pas question de faire un " alleycat " entre potes dans les rues ensommeillées sur des fixies sans lumière ! On peut dire ce que l'on veut, aimer ou pas la révolution ( même culturelle ), mais force est de reconnaître que Mao a oeuvré pour le développement du vélo ! Quelques chiffres : - En 1897 à Shanghai, les douanes autorisent l'introduction des vélos. On ne comptait pas plus de 100 vélos vendus par an. - En 1958, il se produit en Chine un million de vélos par an. Si vous êtes gentils, je vous entretiendrai une prochaine fois de la suite des aventures du vélo en Chine …

En chinois, bicyclette se dit  .



Rendez vous aux " Templiers " à 08H45 pour le stretto caldissimo et départ à 09H00 dans la joie et la bonne humeur sur des routes ensoleillées et revigorantes …

A presto sulla bicicletta.

Damiano.

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